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11/02/2011

RIMBAUD A ADEN / PAROLES D’EXPERTS n° 2 : LE JEU DES SEPT ERREURS

 

Réduire la défense d’un scénario qui prend l’eau, aux seules erreurs passées d’un confrère en expertise, préférer l’attaque ad hominem à l’argumentation étayée, sont non seulement des symptômes révélant une inspiration soudain asséchée, mais aussi des activités intellectuelles toujours délicates, car non exemptes de dangers. On expose ainsi souvent, bien inutilement, son ego,  aux rudes joies physiques que procure toujours ce phénomène de mécanique simple connu sous le terme scientifique de  « bon vieux retour de manivelle ».

 

Si nous avons exposé dans un précédent article quelques uns des égarements passés de M. Bienvenu, il nous faut tout de suite concéder qu’au jeu des « 7 erreurs », M. Bienvenu n’a pas encore conquis, là non plus, tous ses « galons » d’experts et reste, somme toute, un modeste amateur .

 

Ne perdons donc plus de temps : «  Place aux experts ! ».

 

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Il est toujours intéressant de comparer l’évolution des travaux d’un chercheur au cours du temps, de mettre en perspective les différentes étapes de son cheminement, de mettre en parallèle les diverses recensions et présentations qu’il a pu faire de ses travaux. On s’aperçoit, en général, à la lecture comparative de ses différents points d’étape, qu’une  découverte est rarement le fruit d’une démarche rectiligne, univoque, sans heurts, mais qu’au contraire les divers écrits portent la trace des hésitations, repentirs, bifurcations, culs de sacs et soudaines inspirations auxquels le chercheur  a été successivement confronté. Tout donc, sauf un long et mâle fleuve tranquille, et c’est par seul souci de simplification, qu’à posteriori, on bâtit un conte ou une légende.

 

La mode est au « story telling », cette petite histoire qui fixera en quelques mots simples, quelques images fortes, un fait complexe, une découverte, une vie,  par essence irracontables. Nos médias sont pressés, il faut passer la barre du son en quelques phrases, mieux en quelques (bons) mots bien sentis, pour être audible.

 

Le mot-clef « Rimbaud » est à ce titre un mot de passe efficace, il véhicule tant d’images contraires, que chacun peut s’y reconnaître. Qui à quinze ans, ne s’est pas pris pour Rimbaud, Curt Cobain, Zidane ou Grégoire, n’a pas connu la vie !

 

Les puristes peuvent bien accuser la meute des exégètes rimbaldiens : ces spécialistes, ces marchands du temple, ces gardiens de musées (à peine dignes de baiser le moignon du poète), qui leur semblent moins servir Rimbaud, que se servir de lui; je leur ferai juste remarquer que c’est bien notre Arthur, absolument  moderne, qui, le premier a lancé, la mode des produits dérivés, avec son « Bateau Ivre ».

 

C’est au début du mois de juin 2010, que MM Lefrère, Desse et Caussé, ont trouvé leur story telling du « coin de table à Aden ». L’histoire commencerait ainsi : «Le 25 juillet 1880, l'explorateur-photographe Georges Révoil s'embarquait à Marseille, sur le navire Peï-Ho des Messageries maritimes, à destination d'Aden, où il prit pied le 7 août ».

 

Ca ne manquait pas de style, c’était écrit dans le bulletin de la société de géographie commerciale de Marseille ; ça parlait d’un Révoil, à défaut d’un Rimbaud ; certains médias appelèrent cela une authentification. Alors, autant s’y fier ! 

 

Peu à peu, le scénario pris corps et même visages, et, passé l’été 2010, il ne manquait bientôt plus un seul bouton de gilet, un seul lacet de guêtres qui n’ait été dûment répertorié par nos experts. Un travail de recherche tout bonnement remarquable, qui atteignit son apex, dans cet étonnant pavé des libraires, de 115 pages, sobrement intitulé : « histoire d’une photographie ».

 

Dans ce document multimédia, véritable album photos, ode parfaite dédiée au photographe Georges Révoil, le tableau était si complet, tellement léché, sans aucune aspérité ni zone d’ombre restante, qu’on s’attendait à voir Révoil miauler ou Rimbaud mordre. Mais trop est l’ennemi du bien , il était déjà clair que dans cette parfaite- trop parfaite- composition, il ne pouvait plus y avoir place pour la moindre surprise, et que le plus petit élément nouveau risquait fort de déranger le subtil équilibre obtenu, de culbuter les lignes.

 

Ce qui se passa, en janvier 2011, avec la découverte « Dutrieux ».

 

Il est aisé alors, en revenant sur les séries d’articles passés écrits sur ce « coin de table », de montrer comment cette construction intellectuelle s’est peu à peu édifiée, comment ce qui n’était souvent qu’hypothèses hardies, lancées dans le feu de l’action, voire sous la pression d’évènement extérieurs (notamment les recherches menées par les « petits rigolos » du forum Mag4/ Rimbaud dont on a dit tant de bien (trop) au départ et tant de mal (trop) aujourd’hui), a pris lentement la douce patine de la plausibilité, voire bientôt le vernis doré du fait vérifié, acté, authentifié.

 

C’est donc à un « jeu des 7 erreurs » bien innocent, que nous allons maintenant vous inviter…car ne perdons jamais de vue ce dicton des anciens jamais assez galvaudé : « Errare humanum est ».

 

S’il nous concerne tous, il ne peut donc que flatter nos évidentes modesties.

     

 

Circeto

 

 

 

 

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